Facteurs climatiques et répartition des êtres vivants : notions, exemples et exercices

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Les facteurs climatiques et leurs relations avec la répartition des êtres vivants

Objectif : comprendre comment les facteurs climatiques (température, humidité, lumière, etc.) déterminent la répartition et l’abondance des êtres vivants.

Climat
moyennes à long terme
Microclimat
conditions locales (sol, ombre…)
Tolérance
min – optimum – max
Biomes
grandes zones écologiques

1) Introduction et notions indispensables

Concepts de base

Le climat correspond à l’ensemble des conditions atmosphériques moyennes (température, précipitations, vent…) observées sur une longue durée (souvent ≥ 30 ans), alors que la météo décrit l’état de l’atmosphère à court terme. Les êtres vivants ne se répartissent pas au hasard : leur présence dépend de leurs capacités de tolérance aux facteurs du milieu.

Idée centrale : chaque espèce possède une plage de tolérance pour chaque facteur climatique (minimum – optimum – maximum). En dehors de cette plage, l’espèce ne survit pas ou ne se reproduit pas efficacement.
Attention : la répartition réelle dépend aussi d’autres facteurs (sol, compétition, prédation, activités humaines). Le climat est souvent un facteur majeur, mais pas toujours le seul.

Selon la loi de tolérance, la performance d’une espèce (croissance, survie, reproduction) varie avec l’intensité d’un facteur (ex : température). Elle est maximale à l’optimum. Aux extrêmes, on observe des zones de stress, puis des zones létales.

Exemple scolaire : certaines truites supportent mal des eaux trop chaudes : au-delà d’un seuil, la respiration devient difficile et la reproduction baisse, ce qui limite leur présence en été dans des rivières réchauffées.

✅ Vérification rapide : Quelle phrase définit le mieux le climat ?

2) Les facteurs climatiques : nature, rôle et mesures

Facteurs abiotiques

Les facteurs climatiques sont des variables physiques de l’atmosphère et de l’environnement qui influencent directement les êtres vivants : métabolisme, photosynthèse, disponibilité en eau, cycles de reproduction, etc.

La température influence la vitesse des réactions enzymatiques et donc le métabolisme. Chez beaucoup d’organismes, une hausse modérée accélère l’activité, mais au-delà d’un seuil, les enzymes se dénaturent. Chez les plantes, elle contrôle aussi la germination, la floraison et la durée du cycle de développement.

Mesure & lecture : on utilise des séries de températures (moyennes mensuelles, amplitude annuelle). L’amplitude thermique (différence entre mois le plus chaud et le plus froid) structure fortement les paysages biologiques.

Exemple : la limite altitudinale des arbres en montagne est liée au froid : la saison de croissance devient trop courte, ce qui empêche la formation d’un couvert forestier continu.

L’eau est indispensable : elle conditionne l’hydratation, les échanges, la transpiration des plantes et la circulation des nutriments. Les précipitations (pluie, neige) et l’humidité de l’air déterminent le stress hydrique ou au contraire le risque de maladies cryptogamiques (champignons).

Point clé : ce n’est pas seulement la quantité d’eau qui compte, mais aussi sa répartition saisonnière et l’évapotranspiration (pertes d’eau par évaporation + transpiration).

Exemple : dans un climat méditerranéen, l’été est sec : les plantes sclérophylles (feuilles épaisses) limitent les pertes d’eau.

La lumière fournit l’énergie à la photosynthèse. Sa quantité (intensité) et sa qualité (spectre) varient selon la latitude, la saison, la nébulosité et l’ombre (forêt, relief). La photopériode (durée du jour) synchronise des cycles : floraison, reproduction, migration, diapause chez certains insectes.

Exemple : des plantes « jours courts » fleurissent quand la durée du jour diminue (fin d’été/automne), ce qui optimise la production de graines avant l’hiver.

Le vent augmente la perte d’eau (dessèchement), influence la dispersion du pollen et des graines, et peut limiter la hauteur des végétaux en zones exposées. La pression et la disponibilité en O₂ varient avec l’altitude, ce qui affecte certains animaux. La saisonnalité (alternance saisons) impose des stratégies : dormance, migration, changements de pelage, etc.

Notion utile : on parle de microclimat quand les conditions locales diffèrent du climat régional (sol humide, zone ombragée, proximité d’un cours d’eau…).

✅ Vérification rapide : Dans un milieu donné, le facteur limitant est…

3) Relations climat ↔ répartition des êtres vivants

Interpréter la distribution

La répartition des êtres vivants à grande échelle s’explique souvent par des gradients climatiques. À mesure que la latitude augmente ou que l’altitude s’élève, la température baisse, la saison de croissance se raccourcit et la structure de la végétation change. Ces changements influencent ensuite les animaux (habitat, nourriture).

Un biome est un ensemble d’écosystèmes caractérisé par un climat et une végétation dominants (ex : forêt tropicale humide, désert chaud, taïga). Les biomes reflètent des combinaisons de température + précipitations + saisonnalité.

Exemple : les déserts ont des précipitations très faibles : on y observe des plantes xérophytes (racines profondes, feuilles réduites) et des animaux à activité nocturne pour limiter les pertes d’eau.

En montagne, l’augmentation d’altitude provoque une baisse de température et souvent une modification de l’humidité et des vents. On observe un étagement : succession de ceintures de végétation. À partir d’une altitude, la forêt disparaît et laisse place aux pelouses puis aux zones rocheuses.

Conséquence : les espèces animales suivent ces étages car leur nourriture et leurs abris dépendent de la végétation.

La niche écologique correspond à l’ensemble des conditions et ressources nécessaires à une espèce. On distingue souvent une niche « théorique » (ce que l’espèce pourrait occuper selon sa tolérance) et une niche « réalisée » (ce qu’elle occupe réellement) à cause des interactions : compétition, prédation, maladies, perturbations et actions humaines.

Important : une espèce peut être absente d’un lieu au climat favorable si un compétiteur plus efficace l’exclut, ou si l’habitat a été détruit.

Pour relier climat et répartition, on utilise des documents : climogramme (T° + précipitations mensuelles), cartes d’isothermes (même T°) et d’isohyètes (mêmes précipitations).

Exemple d’analyse : si un climogramme montre une longue saison sèche et des températures élevées, on s’attend à une végétation adaptée à la sécheresse (feuilles réduites, dormance, stockage d’eau).

✅ Vérification rapide : Pourquoi la végétation influence-t-elle la répartition des animaux ?

4) EXERCICES interactifs (avec correction détaillée)

QCM • Vrai/Faux • Raisonnement
EXERCICES

4.1 QCM (Choix multiple) — 6 questions

Choisis une réponse par question. La correction apparaît après sélection (ou bouton).
Q1. Le microclimat est :
Q2. La photopériode correspond à :
Q3. Un facteur limitant est celui qui :
Q4. Une hausse excessive de température peut être nocive car :
Q5. Les isohyètes sont des lignes reliant des points de :
Q6. Les biomes reflètent surtout :

4.2 Vrai / Faux — 6 affirmations

Choisis Vrai ou Faux. La correction apparaît après sélection.
A1. Le climat et la météo sont exactement la même chose.
A2. La photopériode peut déclencher la floraison chez certaines plantes.
A3. En montagne, l’altitude modifie la température et peut provoquer un étagement de la végétation.
A4. Si le climat est favorable, une espèce occupera toujours ce milieu, quelles que soient les autres espèces.
A5. Les précipitations et leur répartition saisonnière influencent fortement la disponibilité en eau pour les plantes.
A6. Les isohyètes relient des points de même température.

4.3 Exercice de raisonnement scientifique — 2 situations

Réponds puis affiche la correction détaillée (bouton). On attend une justification scientifique.
Situation 1 (Analyse) :

Dans une région A, le climogramme montre : températures élevées presque toute l’année (25–35°C), précipitations très faibles (rarement < 250 mm/an), vents secs fréquents.
Question : Quel type de végétation dominante attends-tu ? Donne au moins 3 adaptations plausibles.

Situation 2 (Interprétation) :

Deux espèces d’arbres (X et Y) peuvent tolérer le même climat « théorique ». Pourtant, sur le terrain, X disparaît dans les zones où Y est très abondante, même si température et pluie sont favorables.
Question : Propose une explication écologique et relie-la à la notion de niche réalisée.

5) Synthèse

À retenir
Résumé en points clés :
  • Les facteurs climatiques (température, eau, lumière, vent, saisonnalité…) influencent directement la physiologie et la survie.
  • Chaque espèce possède une plage de tolérance : minimum – optimum – maximum (loi de tolérance).
  • Le facteur limitant est celui qui s’éloigne le plus de l’optimum et freine la croissance / reproduction.
  • À grande échelle, les combinaisons température + précipitations structurent les biomes (forêt, savane, désert…).
  • En montagne, le climat varie avec l’altitude : on observe un étagement de la végétation, suivi par les animaux.
  • La répartition réelle dépend aussi des interactions biologiques (compétition…) : niche réalisée ≠ niche théorique.

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